DECOUVERTE DES MANUSCRITS AJAMI DE TOMBOUCTOU

Le 10/11/2012

Lieu

Tombouctou


Tombouctou, la cité mystérieuse des 333 Saints a une fois encore dévoilé des secrets longtemps cachés. En effet, poursuivant la sensibilisation sur les manuscrits anciens, l’ONG SAVAMA-DCI a organisé une conférence le Lundi 21 Juillet 2008 dans la salle de conférence de la Bibliothèque de Manuscrits Mamma HAIDARA à Tombouctou.

Cette importante conférence qui avait comme thème : Les potentialités de recherche et d’enseignement en Ajami en Afrique de l’ouest - Le cas de la tradition wolofal au Sénégal a été animéeparle Professeur Fallou Ngom,Département d'anthropologie et Directeur du Programme des Langues Africainesau Centre d'Etudes Africaines à l’Université de Boston aux USA.

 

Prenant la parole, le conférencier à développer le contexte Ajami dans son ensemble en précisant que les manuscrits « Ajami » sont des manuscrits écrits dans les langues africaines avec des caractères arabes. Au Sénégal dans les langues (Wolof, Peulh et Mandingue) et au Mali dans les langues comme (Al-Hassanya,Bambara, Peulh, Songhaï, Soninké et Tamasheq). Ainsi la littérature « ajami » s’est développée dans les centres religieux musulmans à côté de l’arabe, langue d’instruction des sciences coraniques par excellence. Malgré le fait que les systèmes Ajami soient utilisés dans les communautés musulmanes en Afrique de l’ouest, ils restent non harmonisés (standardisés) en général.

 

L’assistanceétait composée des hommes de culture, de spécialistes de manuscrits qui a contribuerà développer le thème en évoquant le cas de Tombouctou. Cette symbiosepartagée n’a pas laissé indifférentle conférencier car il a été beaucoup impressionné par la qualité des intervenants.

 

Poursuivant son exposé, le Pr N’Gom dira que la littérature « Ajami » n’a donc pas attiré beaucoup d’intérêts de la part des chercheurs occidentaux comme ceux du monde musulman pour plusieurs raisons dont : 1. La conception dominante selon laquelle l’Afrique a une tradition fondamentalement orale qui ignore le fait que l’oralité et l’écrit sont imbriqués dans la plupart de l’Afrique musulmane, 2. Les préjugés racistes selon lesquels les littératures Ajami (des auteurs noirs) ne renferment aucun intérêt scientifique important, 3. La rareté de chercheurs possédant les aptitudes linguistiques et culturelles pour lire, transcrire et traduire les informations des textes Ajami, 4. La confusion des premiers chercheurs de l’administration coloniale française qui, par ignorance ont classifié les écrits en Ajami dans la rubrique de « l’arabe indéchiffrable » !

Ces manuscrits Ajami traitent aussi bien des sujets religieux que culturels, historiques, médicinaux, sociaux etc.…

 

Pour conclure, le conférencierremercia l'assistance et marqua toute sa satisfaction car il a beaucoup appris en venant dans la cité de 333 Saints qui regorge d'énorme trésors écrits.

Il formula le souhait tout en constatant l’insuffisance de sources historiques authentiques et endogènes, des cours axés sur les traditions littéraires de ces sociétés devraient être enseignés pour enrichir l’humanité des connaissances qui restent enterrées dans les manuscrits africains en Ajami. 

 

Et proposa comme alternative:

  • La création d’un Centre International de Recherche et d’Enseignement Ajami (CIREA) en Afrique à travers les coopérations Interuniversitaires, entre chercheurs et enseignants occidentaux et africains.

 

  • La standardisation des systèmes Ajami et la création d’écoles utilisant les alphabets modernisés du Berber, Pulaar, Wolof, Mandingue, Haoussa, Swahili, Zarma, Songhoy etc. (particulièrement dans le monde rural), serait aussi un pas de géant vers l’unification linguistique régionale en Afrique.
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