LA CONFERENCE SOUS REGIONALE SUR LA CONSERVATION ET LA VALORISATION DES MANUSCRITS EN AFRIQUE DE L'OUEST !!!!

Devant de la gauche vers la droite:Dr AbdelKader HAIADARA (Président Exécutif de l'ONG SAVAMA-DCI) et Mme N'DIAYE Ramatoulaye DIALLO (Ministre de la Culture)

La Conférence Sous Régionale sur la conservation et la valorisation des manuscrits en Afrique de l’Ouest s’est tenue du 15 au 16 décembre 2016 à l’Azalai Grand Hôtel de Bamako, sous la présidence de Madame N’DIAYE Ramatoulaye DIALLO, Ministre de la Culture. Organisée par l'ONG SAVAMA-DCI sur un financement de la Fondation Ford des USA, cette conférence a enregistré  la participation de plusieurs pays dont le Sénégal, la Mauritanie, le Niger, le Ghana, le Nigéria, la Guinée , la Gambie, le Cameroun, l’Algérie, le Maroc, l’Allemagne , la France  et les Emirats Arabes Unis.

 

 En effet, Tombouctou important foyer de manuscrits anciens, a joué un rôle prépondérant dans le rayonnement culturel de l’Afrique Subsaharienne. Face à la crise sociopolitique qu’a connue le Mali en 2012, la  SAVAMA DCI a pu sauver 95% des manuscrits en les évacuants de Tombouctou à Bamako. Depuis, l’ONG et ses partenaires ont entamé un vaste programme pour conserver et valoriser les manuscrits à Bamako. Il travaille activement pour réunir les conditions préalables à leur retour à Tombouctou. Fort de ces expériences et pour faire des manuscrits anciens un levier du  développement culturel, économique et social en Afrique de l’Ouest, la SAVAMA DCI et ses partenaires ont décidé d’organiser cette Conférence sous-régionale qui est une première du genre. Elle avait pour objectif de créer un cadre d'échange et de partage d'expérience entre les professionnels de la Conservation et de la Valorisation des Manuscrits en Afrique de l'Ouest pour une meilleure prise en charge du Patrimoine écrit de la sous-région. Les objectifs  spécifiques de la conférence étaient de :

  • Faire l’état des lieux des manuscrits anciens en Afrique de l’Ouest et des mesures prises pour leur conservation et leur valorisation au sein des différentes structures
  • Définir un cadre sous-régional à mettre en place pour la synergie des politiques et des actions entre les professionnels Ouest-africains en charge du patrimoine écrit pour une meilleure conservation et une meilleure valorisation des manuscrits.

A l’issue des travaux de la conférence, plusieurs recommandations ont été formulées, entre autres :

  • Le plaidoyer en vue d’un lobbying auprès des décideurs (gouvernements, parlementaires, organisations internationales, régionales et sous-régionales) pour une meilleure prise en compte des manuscrits dans les plans, programmes et budgets à travers des mesures favorables à leur conservation, leur promotion et leur valorisation ;
  • La concertation permanente pour une synergie des idées, des projets et des démarches dans la mobilisation des sources de financements en interne et en externe ;
  • La création d’un Observatoire Africain des Manuscrits Anciens (OAMA) à travers les centres de conservation, les universités, les chercheurs et les étudiants partant des éléments suivants : Charte du Manuscrit Africain d’Addis-Abeba, documents de politique culturelle CEDEAO, UEMOA) ;
  • La réalisation d’un répertoire des acteurs, la définition des objectifs visés dans le but de connaître le contenu des actions menées dans chaque pays ;
  • L’Organisation de rencontres périodiques au niveau national, régional, interafricain, international pour faire l’état des lieux et planifier des interventions coordonnées ;
  • La Création et la mise en ligne d’une plateforme numérique avec une page par pays décrivant les acteurs, les objectifs et les contenus des stratégies dans le cadre de chaque activité concernant la gestion des manuscrits (sauvegarde et valorisation) ;
  • L’Élaboration d’un plan de mobilisation des familles et des bibliothèques privées détentrices de manuscrits afin de les aider à sauvegarder et cataloguer leurs manuscrits et à mettre en ligne leurs catalogues ;
  • L’Élaboration d’un document stratégique de politique pour répertorier les manuscrits anciens volés ou illicitement exportés ;
  • La sensibilisation pour mieux impliquer les décideurs politiques, les leaders, les détenteurs des manuscrits anciens et les forces de l’ordre et de sécurité (police, douane, gendarmerie au niveau des aéroports et des postes de frontière) ;
  • La mutualisation des efforts des différentes institutions (universités, ONG, Instituts) en vue de la création d’un centre régional de formation aux métiers des manuscrits anciens ;
  • La formation des professionnels à la conservation et au traitement des manuscrits anciens;
  • L’intégration des contenus liés aux manuscrits dans les formations universitaires ;
  • La promotion des manuscrits ajami à travers l’organisation de séminaires, ateliers et expositions sur ces manuscrits ;
  • La définition d’un statut juridique pour les manuscrits anciens ;
  • Le renforcement des moyens d’intervention et du rôle des missions culturelles et autres institutions déconcentrées des États.

Au terme des travaux de la conférence, une déclaration dite déclaration de Bamako a été adoptée par l’ensemble des participants. Elle a été suivie d'un point de presse qui permit aux organes de presse présents  de s’imprégner des différentes recommandations formulées.



Ajouté le 30/12/2016 par Service Communication SAVAMADCI - 1 réaction

Les réactions

Avatar Assane

Bonsoir,
Est-il possible d'avoir la déclaration de Bamako ?
Merci d'avance.

Assane Fall
Bibliothécaire
Dakar - Sénégal

Le 03-01-2017 à 22:08:00

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